La Surprise Versus la Peur
- il y a 4 jours
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Oui, toutes deux sont des émotions.
Oui, toutes deux de ce fait sont spontanées et brèves.
Oui, toutes deux de ce fait engendrent des réactions physiologiques.
Mais non ! Elles ne sont pas semblables.
Trop souvent encore je constate qu’elles sont confondues.
Un sursaut, un cri, et de suite on pense Peur. La pauvre est incriminée pour bien des réactions qui ne devraient pourtant pas lui être imputées, que ce soit chez l’humain ou chez le chien.
😳 La surprise

Elle prépare l’organisme à ce qui suit face à un événement inattendu. Les réactions qui la suivent sont liées aux expériences vécues. En soi, elle n’a qu’une valeur subjective neutre.
Plusieurs réactions sont alors possibles visiblement : sursauter, écarquiller les yeux, pousser un cri aigu.
La suite des réactions va dépendre de l’émotion qui suit la surprise (si émotion il y a) : joie, peur, colère, soulagement, etc.
😱 La peur
Elle amène à se protéger d’un danger existant et immédiat, à s’en mettre à l’abri. Les réactions qui la suivent ont pour objectif que le danger soit écarté. Elle est considérée comme ayant une valeur subjective négative (bien que son absence dans certains contextes porte des risques ; par exemple, vous ignorez le danger de mettre votre main dans des buissons malgré la présence identifiée d’un serpent à sonnette).
La peur apparaît dès qu’un élément est identifiée comme dangereux. Cela peut être après avoir été surpris, ou non.
Plusieurs réactions sont alors possibles :
✦ fuir : votre chien prend la tangente à l’opposé ; vous tournez le dos à ce qui vous fait peur et vous vous en éloignez

✦ se figer : votre chien devient une statue, parfois son regard semble vide, droit devant lui ; vous êtes tétanisé et attendez la fin du danger en vous disant que c’est la stratégie du moins pire
✦ se défendre : votre chien aboie, grogne, montre les dents, se grandit pour paraître impressionnant, est prêt à attaquer ; vous poussez la personne pour qu’elle reprenne de la distance
✦ faire semblant de : votre chien semble renifler mais le son significatif est inaudible ; vous vous arrêtez devant la vitrine d’un magasin alors que rien ne vous y intéresse le temps de laisser passer une personne.
Expérience
Récemment, je promenais une de mes élèves en forêt. C’était le soir. J’étais absorbée par mes pensées. Tant que T. n’a pas à entrer dans une voiture ou à être brossée, elle est extrêmement « facile ». Je relâche donc toute la vigilance dont je me dote avec d’autres. Nous sommes seules sur un chemin. Nous n’avons encore croisé que des oiseaux. T. s’occupe à renifler. Je profite de ce moment pour préparer mon cerveau à la suite : aller se coucher… quand j’entends un galop derrière moi ! Je pousse un cri !! Me retourne… et vois une chienne au langage corporel plutôt sympa qui a très envie d’interagir avec T. ; son maître est bien plus loin.
Quelle émotion s’est emparée de moi ?
La surprise !
Je ne m’y attendais pas et ma réaction suivante fut une adaptation à mes expériences en tant que consultante en comportement canin : mon cerveau s’est mis en analyse de la situation et de ses différents paramètres (je reconnais m’être aussi dit qu’heureusement que c’est T. avec moi et pas un autre chien).
Vous me verrez avoir exactement la même réaction lorsque soudainement un insecte (quel qu’il soit) passe devant moi à toute vitesse.
La problématique est que là beaucoup m’auront et/ou m’auraient étiquetée de peureuse.
La peur m’aurait induite à m’éloigner, ou à écarter l’autre chien, ou à ne plus bouger en attendant que l’autre chien parte. Or je n’ai pas ressenti le besoin de m’abriter ou protéger.
Pourquoi distinguer la surprise et la peur ?
À mes yeux, la distinction entre les deux émotions permet d’accompagner votre chien vers un travail de modification comportementale adaptée.
S’il est surpris et se montre indifférent ensuite, ou enjoué, qu’il s’ébroue dès l’effet de surprise passé, je vais estimer ne pas avoir grand-chose, voire ne pas avoir à intervenir.
S’il est surpris et se montre tendu, qu’il n’évacue pas ce qu’il ressent et conserve son attention sur l’objet de la surprise, ou reste en alerte, je vais analyser ce qui l’a surpris (un son, un geste) et l’associer à quelque chose d’agréable afin que l’émotion qui suit sa surprise devienne une avec une valeur subjective positive ou neutre. Je suis aussi susceptible de l’accompagner sur des exercices de relaxation et d’une meilleure régulation de certaines émotions.
Si le contexte n’amène aucune surprise et qu’il est indifférent ou joyeux, je me dirais juste « qu’il profite ! ».
Si le contexte n’amène aucune surprise et qu’il se montre effrayé par certains éléments, il va pour moi être une priorité d’identifier ces éléments, le degré de frayeur qu’il montre, la stratégie qu’il utilise, pour ensuite envisager de le guider au mieux et d’évaluer les objectifs les plus raisonnables possibles.
➢ Rappel :
La surprise est une émotion en réponse à de l’inattendu.
La peur est une émotion en réponse à un danger.




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